jeudi 24 janvier 2008

Un mauvais coup en cash game

NL 200$, blinds 1/2$. Après quelques tours, le niveau me semble moyen. Je suis de BB avec QQ sur une table de 6 joueurs, tous les stacks autour de 200. UTG+1 relance 3 BB (6$), le bouton call ces 6$ et je relance à 8 BB (16$). Les deux joueurs suivent.

Flop : 977, 9 et 7 suited.

En début de parole, je mise 25$. Le premier joueur passe, le bouton relance à 70. J'envoie mon tapis. Il paye avec AJs pour un tirage couleur.

Turn : A, River : X.

Conclusion : j'étais favori à 60% environ, mais tout pari à toujours ses risques. Le jeu de mon adversaire, qui suit une raise et reraise avec AJs me semble tout de même douteux. Je ne suis pas persuadé qu'il s'en tire à long terme...

RAJPO... =).

mercredi 23 janvier 2008

25$ rebuy 10k garantis 6 handed sur Chili Poker

Suite au reportage de Capital, j'ai découvert ce site et ses tournois assez bien garnis. Le niveau en MTT est assez moyen (ou alors j'ai la forme en ce moment). D'une part, je suis venu à bout d'un premier satellite 5$ rebuy, pour un billet à 25$ rebuy pour le second satellite, pour leur fameux tournoi "2 000 000$ garantis". Lors de ce deuxième satellite, je finis dans le top 100 sur 500. Au bouton avec QJs, moins de 10 BB, je all-in : la BB a AA. Paf. Dommage mais intéressant, car du fait des rebuy et des deux tickets supplémentaires offerts par le site, les 10 premiers gagnent un ticket à 1500$.

Hier soir, j'ai tenté un 25$ rebuy "10k garantis", 6 handed. Un mot sur ce format :
- 6 handed : petite table, plus de mains sont jouables. Et c'est conseillé car les blinds reviennent souvent.
- Les blinds augmentent toutes les 12 minutes : il faut donc en voler un maximum, être agressif. Je suis rentré dans tous les coups en raisant.
- Une petite table c'est plus de facilité pour observer les joueurs et connaître leur jeu. Tight, lose, se laisse voler, call avec n'importe quoi... Avoir une idée de chaque profil m'a bien aidé.
- 199 joueurs : un nombre assez idéal. Pas mal d'argent en jeu mais un tournoi qui ne va pas s'éterniser. Moins il y a de joueurs, plus la chance d'accéder à la table finale augmente.

En suivant ces préceptes, je joue plutôt un bon poker et je termine 17ème (135$ de gains pour 50$ engagés). Le dernier coup, je viens d'arriver sur la table et je suis de BB avec 88. J'ai 11BB dans mon tapis. Le bouton, même tapis que moi, raise 3 BB. Je all-in, il hésite longtemps puis suit avec KQo. Flop : Kxx. Kthxbye.

Après réflexion, je n'aime pas tellement la façon dont j'ai joué ce coup. Avec plus de 10 BB, je ne suis pas encore désespéré. Faire tapis sur un coup déjà relancé n'est généralement pas une bonne idée sans une main très solide, le risque que l'agresseur initial suive est très élevé. Or, s'il a deux figures, j'ai juste un peu plus de 50% de chances de gagner. S'il a une paire supérieure, il est favori à 80%. Proche des places finales, je peux temporiser et laisser les autres joueurs prendrent des risques. L'occasion de voler des blinds sans risque va sans doute se présenter très bientôt.

A ma décharge, son call n'est pas une très bonne idée non plus. Avec KQo, il est dominé contre n'importe quel as (60/40) et peut pleurer si j'ai AQ ou AK (70/30). Il hésite donc à juste titre suite à mon all-in instantané et je pense que la décision correcte dans cette situation est de fold, sachant qu'il lui reste encore 11BB ensuite.

Mais comme dirait mon frère, "rage pas, il t'as owned c'est tout".

vendredi 18 janvier 2008

"Ils rêvent de devenir milliardaires"

Dans cette émission du 6 janvier 2008, Capital consacre un reportage au poker. L'équipe suit Fabrice Soulier, aka Fabsoul et Liz Lieu, la poker diva, tous deux représentants du site Chilipoker, à l'occasion de l'APPT Macau. Le ton est sympathique et donne envie de jouer (vacances à Macau cet été ? :)).

Dommage toutefois de faire l'impasse sur les autres joueurs présents. En effet, la cinquième place de Bertrand Grospellier (ElkY) passe à la trappe. Curieux de ne pas l'entendre alors qu'il fait justement partie de cette jeune génération qui s'investit dans le poker.

La veille de la diffusion du reportage, le 5 janvier 2008, ElkY remporte le Pokerstars Caribbean Adventure, soit 2 000 000$. Il devient ainsi le numéro 1 français en terme de gains en tournoi et le premier "pro gamer" reconverti à exploser. Gratz.

jeudi 3 janvier 2008

De l'avantage de jouer serré... ou pas.

- Vous rencontrez moins de résistance lorsque vous volez les blinds.
- Si le coup est joué, vous pouvez votre continuation bet est plus respectée.
- Au fur et à mesure que les blinds augmentent, les jetons sont de plus en plus importants. Pouvoir s'offrir un semi-bluff ou un bluff est plus intéressant alors qu'en début de tournoi.
- En jetant la plupart de vos mains, vous évitez un grand nombre d'accidents, plus ou moins mérités (mauvaises décisions post-flop, bad luck, bad beats...).

A l'inverse, jouer lose, apporte aussi des satisfactions :
- Tout le monde sait que vous êtes un vil voleur et vos belles mains au cut off et au bouton risquent d'être reraise.
- Si le coup est joué et que pour une fois vous touchez du lourd, vous avez de grandes chances d'être payé.
- Comme vous jouez beaucoup de mains et que vous prenez souvent les bonnes décisions, les occasions de doubler votre tapis sont nombreuses.

Les joueurs tight et les joueurs lose gagnants ont un point commun : l'agressivité. Quelque soit votre statégie, il faudra intégrer ce paramètre.

dimanche 30 décembre 2007

René Angélil remporte son plus important gain en tournoi.

René qui ? R'né, le mari de Céliiiine bien sûr. En plus d'être un impressario à succès avec sa gazelle, René est un joueur de poker assez respecté. Habitué des tournois réguliers du Bellagio, ses gains enregistrés en tournoi dépassent 460 000$. Mais quel est son profit réel ?

Car René joue aussi au Caesars Palace, où se produit son épouse. Or Jan Jones, vice-présidente de la communication pour le groupe Harrah’s Entertainment Inc, qui détient ce casino, avait déclaré que René était du genre à parier un million de dollars en une semaine. René risquait donc de passer pour un maniaque, au lieu d'un winner.

C'est pourquoi il a autorisé le Caesars Palace à révéler en février 2007, le montant exact de ses pertes chez eux pour les années 2005 et 2006 : 230 300$. Or pour la même période, ses gains étaient de 259 079$ dans le même établissement. La direction a présenté ses excuses par le biais de son directeur, Gary Selesner : "dans la vie comme en affaires, René est un gagnant, et une des meilleures personnes que j'ai connu".

Lors du main event 2006 des WSOP, il avait déjà fait sensation en laissant tomber sa paire de roi préflop... avant que son adversaire dévoile un peu déçu sa paire d'as. Petit frisson sur la table.

En apprenant une nouvelle performance de M. Angélil, un gain de 1 350 000$, je me suis rué sur hendom mob pour tenter d'avoir plus de détails. Mais ce tournoi était privé, seulement réservé aux amateurs. 33 participants ont acquitté un buy-in de 100 000$ (Guy Laliberté, Garou... mais pas Patrick Bruel, jugé trop "pro"). Les 5 premiers gagnaient un prix. Profitant de son avance en jetons, René a proposé un deal au finaliste, pour s'assurer du bracelet dévolu au vainqueur. Il n'a ainsi remporté "que" 1 350 000$ au lieu des 1 650 000$ prévus pour le premier.

En conclusion, un beau gain soit, mais une performance qui m'impressionne moins que ses victoires dans les "petits" tournois à 1 000$ du Bellagio. En effet, il y a affronté des adversaires sans doute plus redoutables. Mais en jouant ce gros tournoi privé, il n'a fait que suivre le précepte fondamental de tout professionnel : jouer plus faible que soi pour faire de l'argent :).

samedi 29 décembre 2007

Le facteur chance.

Au après avoir visionné quelques vidéos de pros, on est frappé d'entendre le même mot revenir : profitable.

Avant le flop : jouer des mains faibles, hors de position, ne sera pas profitable.

Après le flop : jouer un coup, sans probabilités favorables, sans read (connaissance du jeu de l'adversaire) ne sera pas profitable.
Si vous manquez votre flop et que l'adversaire mise, vous avez 25% de chance seulement de gagner s'il a touché une paire et que vous n'avez que deux overcards (deux cartes supérieures au board).
Sur un flop 78T, AK doit être abandonné à long terme si vous suspectez le type en face d'avoir ne serait-ce qu'une paire de 7. Exception : call facile lié aux implied odds.

Soit deux joueurs avec un tapis de 10 000. Blinds 50/100. Vous êtes tous les deux en middle position avant le flop, mais vous plus proche du bouton ; vous suivez sa raise de 3BB avec AQ, tout le monde se couche et le pot est de 750. Flop : T84 rainbow (différentes couleurs). Si vous mettez l'adversaire sur JTs, vos chances sont de 25% environ de gagner avec AQ. A long terme, sans visibilité sur votre adversaire, mieux vaut laisser tomber en théorie s'il mise 400.

Mais les implied odds justifient le call : il faut mettre 400 pour un pot de 1150 (750+400) ; chances nécessaires pour suivre : 34%. Or vous pensez lui prendre un peu d'argent en plus si vous touchez l'As ou la dame, peut-être 2000 (imaginer lui prendre tout son tapis est peut-être un peu naïf :)). Dès lors, vous payez 400 pour toucher 3150. Il vous suffit alors d'une côte de 12% pour y aller.

Voilà pour les maths ; mais ce n'est pas tout au poker. Car si l'adversaire ne vient pas d'arriver à la table, vous avez sans doute observé son jeu et pris des notes si vous êtes en ligne. Si vous savez qu'il mise très très souvent au flop, c'est qu'il bluff parfois. Armé de ce read, vous pouvez décider de suivre en étant moins strict sur les probas.

Brian Townsend est persuadé que le poker est un jeu de décisions, il n'y a pas de chance à long terme. En cas de mauvais résultats sur la durée, c'est que vous prenez les mauvaises décisions ou que vous gérez mal votre bankroll. Il faut apprendre à supporter un badbeat dès lors que la décision de payer est la bonne et qu'elle sera profitable à long terme. Sachant qu'à long terme toujours, vous aurez aussi le plaisir d'infliger des badbeats. En prenant un maximum de bonnes décisions, vous parviendrez à gommer le facteur chance ; pour cela, pensez profitable.

jeudi 27 décembre 2007

Cardrunners

Après avoir assimilé pas mal de livres, quand l'impression de savoir jouer persiste, comment continuer à progresser ?

Un des meilleurs joueurs en ligne, Brian Townsend (apparu dans l'émission High Stakes Poker), participe au site Cardrunners. Ce site met en scène de nombreux pros et semi-pros qui filment et commentent leurs parties, en Hold'em/Omaha, en tournoi comme en cash game. L'abonnement est assez cher mais l'on apprend à force d'entendre Brian répéter que telle ou telle main ne se joue pas hors de position :).

Outre ce site il recommande pour améliorer son niveau :
- de jouer beaucoup, mais plutôt une ou deux tables à la fois, en ciblant les joueurs et leurs patterns (habitudes de mises). Cela permet de bien réfléchir à chaque coup et d'utiliser les reads obtenus.
- d'utiliser des logiciels d'enregistrement de statistiques : Poker Tracker et Poker Ace Hud sont indispensables.
- de squatter les forums (la référence : 2+2 forum, celui de Cardrunners est aussi très bien) dès lors qu'une main vous a posé problème. L'ai-je bien joué, ai-je manqué de chance ?

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